Quel livre original, sensible, émouvant mais rafraîchissant, magnifique et rayonnant ! Tout à la fois une « balade », une aventure artistique et littéraire pleine de poésie, un itinéraire initiatique, et une quête spirituelle, au-delà d’une « enfance volée par un génocide »… C’est une œuvre apaisée de résilience, de reconstruction de soi. J’admire sa capacité à retenir le meilleur, et à s’en nourrir pour surmonter le pire. Quel lumineux témoignage d’espérance, né dans un chemin de souffrance ! La Rosée matinale, un récit de vie ? – Je dirais plutôt un regard contrasté, plus descriptif que narratif, ébloui de vie, de couleurs et d’amour, auquel s’entre-mêle discrètement, un regard douloureux, incolore, sur la violence absurde. « J’ai trouvé refuge dans la création merveilleuse de Dieu. La nature a coloré cette partie sombre de mon enfance », déclare l’auteure. Avec le recul, l’horreur de la guerre est transcendée par son regard émerveillé sur les œuvres et la Providence de Dieu. C’est ainsi que l’artiste-auteure nous invite à la suivre dans cette « balade » visuelle, tous les sens en éveil, au pays bien aimé de ses souvenirs, où il faut accepter de franchir rapidement la sombre horreur funeste pour pouvoir, après un étrange et aventureux parcours de découvertes, aller à la rencontre de la Lumière et de l’Amour absolus et parfaits, et trouver enfin la paix : « mon âme s’est adoucie grâce à Dieu ». Tel est, en quelque sorte, le témoignage de ce livre. Mais par quelle mystérieuse alchimie ce regard rétrospectif de la créatrice, sur son enfance traumatisée, a-t-il produit le sublime, comme les reflets irisés du souvenir, à travers une fraîche perle de rosée matinale, et le doux contact de l’herbe humide sous ses pieds nus ? Personnellement, j’ai pris un grand plaisir à lire et à contempler cette œuvre contrastée, tour à tour grise ou somptueusement colorée (selon la tonalité du récit); à savourer, au gré des descriptions de paysages intériorisés, entre rivières, forêts, fleurs, et animaux divers cette promenade à travers le temps et l’espace intérieurs du souvenir d’enfance, comme un frais parfum nostalgique du Cambodge. Si je n’enseignais pas dans un collège laïque, j’aimerais beaucoup faire découvrir cette œuvre si enrichissante à mes élèves de troisième. Si La Rosée matinale, ce livre-tableaux, témoigne d’une bénédiction, il constitue lui-même une bénédiction pour son lecteur ! « C’est comme la rosée de l’Hermon, qui descend sur les montagnes de Sion ; car c’est là que l’Éternel envoie la bénédiction, la vie pour l’éternité. » (Psaume 133.3)

Thérèse D. – 16 mai 2020

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